• Halo : quand la nuit noire ne répond plus.

    Fera t-il de nouveau nuit noire dans nos villes à l’avenir ? Peut-être. C’est ce qu’avait préconisé dans son article 36, timidement, le Grenelle de l’environnement l’année dernière. C’est ce que vise le dépôt récent d’un projet de loi par M. Eric DIARD, député UMP des Bouches-du-Rhône, qui compte bien s’attaquer « à l’excès de luminaires publics et commerciaux ».

    Ce qui pose de nouveau la question de la lutte contre l’extrême pollution lumineuse dans nos villes que de nombreux spécialistes n’ont de cesse de dénoncer. Car, au mieux celle-ci n’empêche que les astronomes de jouir de leur passion, ou les noctambules de s’affranchir des codes diuCarte pollution lumineuse.rnes comme le faisaient jadis les romantiques, mais au pire elle pourrait avoir des conséquences sur la flore, la faune, voire la santé humaine. C’est ce que vient de révéler, en effet, une étude en évoquant par exemple la perte de repères chez les insectes ou les oiseaux migrateurs que provoque cette prolifération partout dans le monde des lumières artificielles (désigné sous le doux mot de « halo » lumineux, comme ci-dessous, près de Tenerife dans les Canaries).  Et cela pourrait même aller jusqu’à affecter la « croissance et la floraison des plantes », voire augmenter les risques de cancers, notamment du sein, pour les travailleurs/ses de la nuit. Même s’il faudra encore confirmer par de nombreuses recherches et études ce lien « exposition à la lumière artificielle/augmentation de cancers ».Halo Tenerife.

    En attendant, tout le monde est à peu près d’accord sur un point, il y a urgence à réduire ou à limiter les émissions lumineuses dans nos métropoles. Ne serait-ce déjà que pour réaliser de substantielles économies d’énergie, et des économies tout court. On estime en effet qu’il y a, dans toute la France, entre neuf et dix millions de lampadaires, consommant chaque nuit l’équivalent de la production électrique d’une centrale nucléaire d’importance, à savoir 1 200 mégawatts. Et ce alors même que le parc lumineux français a été renouvelé et n’est plus aussi énergivore qu’il y a quelques années. C’est dire !

    Evidemment, la nuit noire en ville n’est pas pour demain, et c’est même plutôt mieux ainsi. Primo, son caractère anxiogène paraît évident. Secundo, cela pourrait nuire à l’activité économique incessante de nos sociétés post-industrielles qui ne s’arrête [presque] jamais. Et que dire, enfin, de l’insécurité (ou du sentiSimone Delattre.ment) qui ne manquerait pas d’y régner. Les étroites rues et ruelles (qui n’existent il est vrai plus en très grand nombre dans nos villes « automobilisées ») se transformant de nouveau en véritables coupe-gorges comme sur l’île de la Cité au temps des « Mystères de Paris » d’Eugène SUE. Finalement, seuls nos amis les noctambules nostalgiques ou poètes pourraient y trouver leur compte, comme au temps des romantiques. Je ne saurais d’ailleurs trop vous conseiller à ce sujet la lecture du livre de Simone DELATTRE, Les douze heures noires - La nuit à Paris au XIXe siècle,  aux éditions Albin Michel (couverture ci-contre). La nuit n’aura alors plus de secret pour vous. D’ici là, on pourra au moins se consoler en profitant lors de nos sorties vespérales des très belles illuminations de la Tour Eiffel pour la présidence française de l’UE...

    Eric BAIL pour èV_

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    Sources : lefigaro.fr ; leparisien.fr.

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